Arthur de Bussières (1877-1913)





Comparaison


Ainsi, quand le doigt de l'aurore
Dévoile le sein nu des fleurs,
Pétales aux fraîches couleurs
Qu'un chaud rayon de soleil dore,

Colibris et merles siffleurs,
Désertent la plage sonore,
Et vont, pour revenir encore,
Y boire la rosée en pleurs.

Ainsi, dans ton coeur, ô mignonne,
Source où l'amour toujours frissonne,
Je bois sans pouvoir l'épuiser,

Et plein d'une amoureuse flamme,
Radieux, je berce mon âme
Dans l'ivresse de ton baiser.





Autrefois

Lorsque j'étais enfant, mon âme solitaire
Aimait le songe vague auprès des églantiers,
Où mes pas lents fouillaient, au tournant des sentiers,
Les herbes et les fleurs que me faisait la terre.

Et je cherchais toujours, rêvant des jours entiers
Le front enseveli dans quelque grand mystère,
Pendant que s'éveillaient sous ma prunelle austère
Des nids pourprés à l'aube où, merles, vous chantiez.

Et quand les feux du ciel aux voûtes triomphales
Ainsi qu'un sable d'or, roulant sur les rafales,
Tourbillonnaient grandis dans l'orbe éblouissant;

Ne sachant même pas les temps et leurs désastres,
De la scène ébloui, poète adolescent,
J'accoutumais mon coeur au flamboiement des astres...

 

Dernière mise à jour de cette rubrique le 23/06/2008


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