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Rémi Tremblay (1847-1926)

Rémi Tremblay naît à Saint-Barnabé (comté de Saint-Hyacinthe) le 2 avril 1847. En 1859, sa famille émigre à Woonsocket, dans le Rhode Island, comme plusieurs Canadiens français de l'époque. En 1864, il s'engage dans l'armée nordiste avec laquelle il fera toute la campagne du Potomac. Revenu au Canada, il fera aussi toute la campagne contre les Féniens (Irlandais républicains des États-Unis qui luttent pour l'indépendance de l'Irlande et qui veulent envahir le Canada). Par la suite, il s'intéressera au commerce, à l'agriculture et à l'enseignement, mais surtout au journalisme. En 1896, il devient traducteur français à la Chambre des Communes. Autodidacte remarquable, il maîtrise plusieurs langues, dont l'anglais, l'italien, le portugais, l'espagnol, l'allemand, l'hébreu, etc. (Source : J. Fournier, Anthologie des poètes canadiens, 1920.)

«Grinçants témoins de la politique fédérale, provinciale et municipale de son époque, les chansons satiriques et humoristiques qu'il composa, et qui comptent pour plus de 50 % de ses quatre premiers recueils, complètent avec saveur la petite histoire du pays et rendent indélébiles ses scandales, sa corruption et ses maquignonnages. » Jean Levasseur,  La poésie humoristique : Rémi Tremblay et les relations amoureuses au XIXe siècle canadien,  Revue @nalyses, http://www.revue-analyses.org/

 

 

           PARODIE

 

Si vous aviez les envolées

De l'aigle dans l'azur des cieux,

Moi, vers les sphères étoilées

Je lèverais souvent les yeux;

Mais votre Muse, une portière,

Ne sait qu'alourdir votre vol,

Et votre goût pour la matière

Vous rive constamment au sol.

 

Si vous aviez les grands coups d'aile,

Mais non les serres du vautour,

Vous pourriez, en parfait modèle,

Voler sans crainte et sans détour.

Quand, l'aile inerte et la main leste,

S'agitent les êtres déchus,

Volez vers la plage céleste,

Sans le secours des doigts crochus.

 

 

           ROUGEURS ASTRALES

 

Soleil resplendissant, ta lumière féconde

Fait fleurir les buissons et mûrir les épis,

Ta chaleur bienfaisante entoure notre monde

Et remet la vigueur dans nos corps assoupis.

 

C'est toi qui fais surgir l'or de la moisson blonde,

Toi qui couvres le sol d'un verdoyant tapis,

Et ton grand oeil peut voir sur la terre et sur l'onde,

Que notre humanité s'en va de mal en pis.

 

Hier, en te couchant, tu rougissais de honte.

Avais-tu remarqué les horreurs qu'on raconte ?

Ou plutôt, voyais-tu tout ce qu'on ne dit pas ?

 

Ce matin, je te vois rougir à ton aurore.

L'hémisphère opposé serait-il donc encore

Plus que le nôtre absurde et fertile en faux pas ?

 

Boutades et rêveries, Fall River, Mass., Société de Pub. de l'Independant, 1893.

 

 

                    




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