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N. D. J. Jaumenne ( milieu du XIXe s.)

L'hôpital Notre-Dame : Salle de chirurgie.  Le Monde illustré, vol. 13, no 653, 7 novembre 1896, p. 440.

 

L'on peut retrouver quelques poèmes de Jaumenne dans quelques journaux. Toutefois, son nom n'apparaît pas dans les anthologies publiées ces dernières décennies. En 1834, il est présenté comme fondateur du journal L'Impartial, un hebdomadaire, à Laprairie dans La liste des journaux français publiés en Canada jusqu'au 1er janvier 1851. C'est d'ailleurs dans ce journal qu'il publie «La convalescence».

 

   LA CONVALESCENCE

 

J'AI vu les confins de la vie.

J'ai vu les portes du tombeau

Et sur mon oeil la maladie

Étendre un funeste rideau.

J'ai lu, sur de pâles visages,

L'arrêt qui m'annonçait la mort

Et malgré tous ces noirs présages,

Je combattais contre mon sort.

 

Quoi ! je ne fais que paraître,

Comme une fleur dans un vallon !

Était-il donc besoin de naître,

Pour périr avant la moisson ?

Couché sur un lit de détresse,

Ainsi j'exhalais mes douleurs :

Quand la force de la jeunesse

De la mort chassait les horreurs.

 

Quand on ressaisit l'existence,

Comme on respire avec transport !

Tout est plaisir et jouissance,

Quand de près on a vu la mort.

Après un siècle de souffrance,

Un rien fait battre notre coeur ;

D'un ami la seule présence

Remplit notre âme de bonheur.

 

Combien j'aime cette verdure

Et le pur crystal de cette eau !

Le spectacle de la nature

Jamais ne me parut si beau.

Des oiseaux l'aimable ramage

Me semble plus harmonieux

Et je me plais bien davantage

À contempler l'éclat des cieux.

 

Un sang pur coule dans mes veines,

Le plaisir fait battre mon coeur :

Je ne me souviens de mes peines

Que pour mieux goûter mon bonheur.

Mes amis ! quelle jouissance

Mon âme éprouve en ce moment ;

Je sens que la convalescence

En moi double le sentiment !

 

L'Impartial, vol. 1, no 16, 12 mars 1835, p. 1.

 

   SUR LA PERTE DE MARIE-LOUISE *

  

Douces illusions, rêve trop enchanteur,

Vous qui pendant longtemps fîtes tout mon bonheur,

Vous êtes disparus ! et mon âme affligée

Dans son isolement se trouve encor plongée.

     Marie-Louise n'est plus !

     Pour la rappeler à la vie

     Tous mes souhaits sont superflus :

Dieu même ne pourrait me rendre mon ami.

     Ce mot ne doit pas effrayer

     Ta délicate conscience,

     Ami lecteur, comment ressusciter

     Ce qui jamais ne fut qu'en apparence ?

 

* Pseudonyme de Joseph-Guillaume Barthe.

Le Populaire, no 96, 20 novembre 1837, p. 1.




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