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Michel Bibaud (1782-1857)

 

Professeur, journaliste, auteur, fonctionnaire et juge de paix, né le 19 janvier 1782 à Côte-des-Neiges (Montréal), fils de Michel-Ange Bibaud, cultivateur, et de Cécile-Clémence Fresne ; le 11 mai 1812, il épouse à Montréal Élizabeth Delisle, fille de Joseph Delisle, maître tonnelier, et ils ont neuf enfants. En 1830, il publie Épîtres, satires, chansons, épigrammes et autres pièces de vers, le premier recueil de poésie d’un Canadien français à être édité au Canada. Cependant, la critique n’a pas crié au génie, loin de là. Bibaud tentait d’éclairer le peuple sur ses misères, d’ironiser en dévoilant ses tares et ses méfaits, et de sublimer en présentant des héros nationaux et étrangers, mais sa poésie, moralisatrice, sévère, aigre et pessimiste, manquait d’originalité, de spontanéité et de chaleur. (Dictionnaire biographique du Canada)

 

[O MON ADORABLE GLYCERE*...]

 

O mon adorable Glycere

De mon coeur qui brule pour toi,

Accepte l'hommage sincere,

Reçois mes voeux, reçois ma foi.

 

Mais où me porte mon ivresse !

Glycere, le connais tu bien,

Celui que te redis sans cesse

Sans Glycere, tout ne m'est rien ?

 

Tendre, complaisant et solide,

Toujours sage, et toujours aimant,

Il devient d'autant plus timide,

Qu'il connait mieux le sentiment.

 

Que ne suis-je la tendre herbette,

Que tu foules d'un pied mignon,

Lorsqu'au doux son de ta musette,

Tu charmes dans un cotillon !

 

Que ne suis-je la fleur timide,

Qui va mourir sur ton beau sein,

Où bine l'onde pure et limpide,

Qui reçoit tes charmes au bain !

 

O sort, ô fortune cruelle !

S'il m'est défendu d'être heureux,

Pourquoi, Glycere étant si belle,

Le Ciel me donna-t-il des yeux ?

 

* Nom fictif qui désigne la femme aimée, déjà utilisé par Horace (poète romain né en 65 ac. J.-C.)  et Victor Hugo.

L'Aurore, 20 sept. 1817, p. 3




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