Ces vers ont été écrits par feu Sa Grandeur Jean Jacques Lartigue, premier évêque de Montréal, lorsqu'il faisait son cours d'étude au collège de Montréal. Mgr Lartigue est né à Montréal le 20 juin 1777, et il y est décédé le 19 mai 1839. Nous avons de Mgr Lartigue, ses mandements de 1837, contre les mouvements insurrectionnaires, qui firent alors une profonde sensation dans tout le Canada. Nous devons, à M. Ludger Duvernay, éditeur de La Minerve, des remerciements pour nous avoir donné une précieuse collection de poésies canadiennes, dont plusieurs sont inédites, et au milieu desquelles se trouvaient les vers de feu Mgr Lartigue, que nous plaçons au hasard sous la date de 1828, parce que nons ignorons à quelle époque ils furent composés (James Huston, Le Répertoire national ou recueil de littérature nationale, Montréal, Lovell et Gibson, 1848).

LA ROSE ET SON BOUTON
Vers l'empire de Flore
Nous dirigions nos pas,
Au moment où l'aurore
Arrose ses appas;
La déesse s'avance,
Sautant sur le gazon,
Et portant en cadence,
La rose et son bouton.
Dans mon vaste domaine,
Me dit-elle en riant,
Four la fête prochaine
Vous cherchez un présent;
Secondant votre zèle,
Ma main vous fait un don ;
Des fleurs voilà la reine :
La rose et son bouton.
Tendre mère, une rose
Couronne vos vertus,
L'autre demi-éclose,
Vous promet encor plus ;
Qu'une amitié sans tache
Forme votre union ;
L'amour toujours attache
La rose à son bouton.
Ah! vous, fille chérie,
Bouton à peine éclos,
D'une mère attendrie
Partagez les travaux;
Qu'une amitié sans tache
Forme votre union ;
L'amour toujours attache
La rose à son bouton.