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Hector de Saint-Denys Garneau (1912-1943)

 

Né à Montréal, issu d'une famille aisée, Garneau grandit dans un milieu cultivé — il est l'arrière-petit-fils de François-Xavier Garneau. Il passera une partie de son enfance au manoir de sa famille à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier en compagnie de sa cousine Anne Hébert.

Il s'établit à Montréal avec ses parents en 1923. La même année, il entreprend ses études classiques, qu'il poursuivra dans différentes institutions tout en suivant des cours de peinture au Collège des beaux-arts ; des problèmes de santé l'obligeront cependant à interrompre ses études en 1934. La même année,  il fonde la revue La Relève avec Robert Charbonneau, Robert Élie et Paul Beaulieu. Il n'a publié qu'un seul recueil de poèmes :  Regards et jeux dans l'espace, en 1937, qui représente un tournant de la littérature québécoise, qui se bornait alors à une pâle imitation de la littérature française. Il sera reconnu plus tard, après sa mort, comme un précurseur de la littérature moderne québécoise.

Il meurt à l'âge de 31 ans, suite à une crise cardiaque survenue pendant une promenade en canot.

(Source principale : Wikipédia)

 

ACCOMPAGNEMENT

 

Je marche à côté d'une joie
D'une joie qui n'est pas à moi
D'une joie à moi que je ne puis pas prendre

Je marche à côté de moi en joie
J'entends mon pas en joie qui marche à côté de moi
Mais je ne puis changer de place sur le trottoir
Je ne puis pas mettre mes pieds dans ces pas-là
                              et dire voilà c'est moi

Je me contente pour le moment de cette compagnie
Mais je machine en secret des échanges
Par toutes sortes d'opérations, des alchimies,
Par des transfusions de sang
Des déménagements d'atomes
                              par des jeux d'équilibre

Afin qu'un jour, transposé,
Je sois porté par la danse de ces pas de joie
Avec le bruit décroissant de mon pas à côté de moi
Avec la perte de mon pas perdu
                              s'étiolant à ma gauche
Sous les pieds d'un étranger
                              qui prend une rue transversale.

 

 

 

CAGE D'OISEAU

 

Je suis une cage d'oiseau
Une cage d'os
Avec un oiseau

L'oiseau dans ma cage d'os
C'est la mort qui fait son nid

Lorsque rien n'arrive
On entend froisser ses ailes

Et quand on a ri beaucoup
Si l'on cesse tout à coup
On l'entend qui roucoule
Au fond
Comme un grelot

C'est un oiseau tenu captif
La mort dans ma cage d'os

Voudrait-il pas s'envoler
Est-ce vous qui le retiendrez
Est-ce moi

Il ne pourra s'en aller
Qu'après avoir tout mangé
Mon coeur
La source du sang
Avec la vie dedans

Il aura mon âme au bec.

 

Source : Hector de Saint-Denys Garneau, Web. http://www.saintdenysgarneau.com/accueil.htm

 

CD recommandé

Villeray - Musique sur Saint-Denys Garneau, juin 2007 (extrait, Accompagnement, cliquer sur l'image):





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