VERSIFICATION
LES RIMES
Les rimes sont des reprises de phonèmes situés en fin de vers.
NB : Remarquez que mourir est une rime masculine alors que vivre est une rime féminine
NB : Il est interdit de faire rimer une syllabe plurielle et une syllabe singulière.
Disposition des rimes :
LES DIFFÉRENTS MÈTRES
Le mètre est la longueur du vers.
Principaux mètres pairs :
Principaux mètres impairs :
LE COMPTE DES SYLLABES DANS LES VERS
La versification française est syllabique, c'est-à-dire qu'elle est fondée, comme l'indique son nom, sur le nombre des syllabes. Le nombre des syllabes du vers est le plus souvent, du dix-septième siècle jusqu'à la fin du dix-neuvième, un nombre pair: douze, dix, huit, six, quatre, deux. Les vers impairs de sept, de cinq, de trois syllabes, et même d'une syllabe, ont cependant été parfois utilisés à toutes les époques littéraires. Les vers impairs de treize, de onze, de neuf syllabes, il faut les chercher dans la poésie de la fin du XIXe siècle (chez Verlaine par exemple).
Deux difficultés arrêtent et trompent parfois les débutants dans le compte des syllabes. Ces difficultés portent sur l'e caduc et sur la diphtongue.
L'E CADUC
Que ce soit à la fin ou dans le corps des mots, l'e caduc compte toujours comme syllabe, quand il est placé entre deux consonnes :
J'offre ma coupe vide où souffre un monstre d'or.
J'offre ma coupe vid' où souffr' un monstre d'or
LA CÉSURE
On appelle ainsi une coupe, un repos placé dans un vers nécessairement après une syllabe accentuée. Dans l'alexandrin ou vers de douze syllabes, on doit, en principe, observer un repos au milieu du vers, c'est-à-dire entre la sixième et la septième syllabe. Chaque moitié du vers se nomme hémistiche.
L'alexandrin classique a donc deux accents fixes (sur la sixième et la douzième syllabe), mais il en a d'autres qui sont mobiles, et qui partagent le plus souvent chaque hémistiche en deux parties.
D'après cela, on peut établir cette règle que tout alexandrin a quatre accents : les deux premiers fixes, ceux de la césure et de la rime; les deux autres mobiles et tombant, selon que le veut l'harmonie, sur telle ou telle syllabe dont ils accentueront l'effet.
L'HIATUS
L'hiatus est le choc de deux voyelles, l'une finale, l'autre initiale. Ce choc est surtout désagréable lorsqu'une voyelle se rencontre avec elle-même, comme dans « il alla à Amiens » ; on l'évite, pour cette raison, en poésie et même dans la prose.
LA STROPHE
La strophe, dite aussi stance, est la division régulière d'un poème, comprenant un certain nombre de vers soumis à un rythme déterminé. On en distingue plusieurs sortes.
Douze vers est une limite qui, dans le poème classique, n'est pas ordinairement dépassée; car au-delà, il n'est pas aisé de constituer une période rythmique. Toutefois, on trouve chez Ronsard des strophes de quatorze, quinze, seize, dix-huit, dix-neuf et vingt vers. André Chénier a employé la strophe de dix-neuf vers. Comme le vers, la strophe a son unité rythmique accordée avec le sens, et se contente en général de deux ou trois mètres différents. Une strophe est isométriquequand elle ne comporte que des vers d'un même nombre de syllabes, anisométrique quand elle contient des vers de longueurs différentes.
L'ENJAMBEMENT ET LE REJET
L'enjambement se produit lorsqu'une partie de phrase, de faible étendue (trois mots environ), est placée à la fin d'un vers mais se rattache à la phrase dont l'essentiel est contenu dans le vers suivant :
Gloire à Sémiramis la fatale! Elle mit / Sur ses palais nos fleurs sans nombre où l'air frémit
Le rejet se produit lorsqu'une partie de phrase, de faible étendue (trois mots environ), est placée au début d'un vers mais se rattache à la phrase dont l'essentiel est contenu dans le vers précédent
LE SONNET
Le sonnet est d'origine italienne, et Pétrarque le mit en honneur en son pays. C'est un poème de quatorze vers, formé de deux quatrains et de deux tercets. Les huit vers des quatrains sont construits sur deux rimes, et les deux quatrains doivent être semblables de disposition, et présenter chacun à l'intérieur deux rimes plates. Les deux premiers vers du premier tercet riment ensemble. Le troisième vers du premier tercet rime avec le second vers du deuxième tercet, et le premier vers du deuxième tercet rime avec le vers final. On ne trouve pas de sonnet en France avant le XVIe siècle, durant lequel Ronsard, Du Bellay et tous les poètes le cultivèrent avec ardeur. Le XVIIe siècle s'enticha du sonnet mais le XVIIIe siècle l'abandonna presque complètement. Le romantisme le remit en honneur au XIXe siècle.
AUTRES TERMES IMPORTANTS
Si la prononciation est exactement la même, alors on parle d'homonymes.
Terminologie Littéraire
o Ex. : «Le Temps mange la vie» (Baudelaire)
Ici le temps est matérialisé par l'image d'un monstre qui dévore la vie de l'homme.
o Ex. : Marcher à jeun, marcher vaincu, marcher malade (Hugo)
o Ex. : Certains aiment la nuit comme d'autres vénèrent le jour.
o Ex. : «Demandeur d'emploi» est un euphémisme pour désigner un chômeur.
Le procédé inverse est l'hyperbole.
o Ex. : On fait une litote si on dit : «Ce joueur de tennis n'est pas très doué» (pour «il est franchement nul !»).
Comme l'euphémisme, la litote peut servir l'ironie...
• Métaphore n. f.- Figure de style qui rapproche un comparé et un comparant, sans comparatif (contrairement à une comparaison) Parfois, le comparé est lui aussi absent. Il ne reste plus que le comparant. La métaphore peut dans ce cas se transformer en devinette.
• Métonymie n. f. - Elle remplace un terme par un autre qui est lié au premier par un rapport logique :
o Ex. : le contenant pour le contenu (Boire un verre)
o Le symbole pour la chose (Les lauriers, pour la gloire)
o L'écrivain pour son oeuvre (Lire un Zola)
o «Cette obscure clarté» (Corneille, Le Cid), un silence éloquent, un mort-vivant...
Ce procédé permet de créer un paradoxe, une image surprenante. Il s'agit d'ailleurs le plus souvent d'une métaphore. On l'appelle aussi parfois «alliance de mots» ou oxymoron.
• Paronomase n. f. - Il s'agit d'une figure de style qui consiste à rapprocher, dans un énoncé, des paronymes.
o Ex. : qui vole un oeuf vole un boeuf. «oeuf » et «boeuf» sont des paronymes.
o Ex. : "Oui, je la haïssais (...) je l'ai haïe (...) Roi des rois, la seule excuse de ce surnom est qu'il justifie la haine de la haine"
o Ex. : le tout pour la partie;
Metz a gagné la finale (pour «les joueurs de l'équipe de foot de Metz»...)
o La partie pour le tout :
Les voiles prennent le départ (pour «les bateaux à voiles»)