Image by FlamingText.com 

Les maximes de l'attrapeur de mouches

Les maximes de l'attrapeur de mouches

 

Il faisait extrêmement chaud en ce vendredi après-midi du mois de mai. L'air était lourd dans la salle de classe et les mouches zigzaguaient comme si elles étaient ivres. Maxime, espiègle jeune homme, réfléchissait profondément sur le sens de la vie.

Ne sachant que faire de mieux, il cligna malicieusement les paupières, puis il pinça gentiment la cuisse de sa voisine qui soupirait d'ennui. Furieuse, cette dernière lui asséna un coup de cartable sur l'oreille droite, et il balbutia alors quelques mots plutôt sibyllins : « Il vaut mieux recevoir une claque qu'une boule de pétanque sur le pif ! » Effrayée par tant de vérité, sa voisine s'éloigna discrètement et l'observa à la dérobée. Imperturbable, Maxime poursuivit ses méditations existentielles sans même ouvrir les yeux. Toute sorte d'idées affluaient dans son cerveau en ébullition : la pluie mouillait-elle l'eau de la rivière, son chat connaissait-il le nom des oiseaux qu'il pourchassait, la vitre cassée de sa fenêtre était-elle si pauvre, sa chaise lui appartenait-elle toujours quand un autre élève s'assoyait dessus, les mouches qui volaient étaient-elles poursuivies en cour municipale et, si oui, fallait-il qu'elles se mouchent quand elles en étaient attristées ? N'en pouvant plus de soupeser le sort de l'humanité et celui des espèces animales, Maxime se leva et, soudainement, il zieuta l'infortunée mouche à scie qui tambourinait contre la vitre de la porte, puis il la saisit lestement entre deux battements d'ailes. Il s'avança, triomphant, et claironna cette litanie nébuleuse : « Mouche blanche, mouche noire, mouche à feu, mouche à scie, mouche vampire ou mouche tsé-tsé, toutes se couchent quand je me mouche sous une souche que je touche avec ma bouche et mes babouches qui débouchent... la douche. » Le silence accueillit ces mots bizarres, on aurait entendu une mouche voler. Le sourire aux lèvres, Maxime secoua sa main, déplia ses doigts et libéra sa mouche à scie qui zigzagua dans l'air lourd comme si elle était ivre.

Magnanime, Maxime philosopha : « La liberté vaut mieux qu'un coup de pied dans le postérieur. » Là-dessus, il se moucha, puis il écrasa nonchalamment la mouche à scie étourdie. Son cadavre, propulsé par une musclée pichenette, revola brièvement et s'échoua sur la bras de sa voisine ravie qui ajouta : « Les maximes de Maxime valent moins qu'une mouche à scie et guère plus que la poussière collée dans la narine gauche d'un babouin enrhumé. » Tous applaudirent et rentrèrent calmement chez eux.

 

 

 

 

 




Cool Text: Logo and Graphics Generator